Les purs et durs du SUV à l’Ovale bleu ne décolèrent pas. Lundi 26 juillet, Ford a présenté la version 2011 de son Explorer. Une icône du 4×4 viril US. Déjà la plateforme les a fait frémir. Il est construit sur la même structure qu’une Taurus ou XC 90. Ensuite les motorisations V8 ont disparu. Elles sont remplacées par un 4 cylindres voire un V6 pour ceux qui doivent tracter.
« Tout fout le camp », s’exclament les véritables amateurs du Ford Explorer. « Trahison » pour d’autres qui ne comprennent pas d’avoir conserver le nom d’Explorer sur un véhicule, je cite : « c’est pour les mamans qui veulent conduire perchées dans une haute voiture ». Bon tout se bruit pour faire croire que l’Explorer est le compagnon idéal des adeptes du Tout Terrain.
La réalité est autre, beaucoup d’acquéreurs de Ford Explorer le considéraient plus comme une familiale construite sur une camionnette pour profiter des passe-droits réglementaires qui permettaient aux VUS d’échapper aux limites fédérales américaines de consommation d’essence et aux exigences de sécurité.
Ici, en Europe et plus précisément en Suisse, l’Explorer a eu ses adeptes mais le volume des ventes est réduit. Le dernier Explorer ressemble plus à la définition du SUV européen que du SUV américain. De plus, on y trouve des accessoires tout droits sortis des tiroirs de Land Rover – ancien membre du groupe Ford revendu à Tata avec Jaguar – comme le « système de gestion du terrain » (un air de Terrain Response propre à Land Rover). Le symbole est clair : casser le mythe (pour autant qu’il existe) du Ford Explorer V8 à grosse consommation.
Outre sa plateforme d’automobile de construction monocoque, l’Explorer est mû par un moteur à quatre cylindres ou un V6 en option pour ceux qui veulent pouvoir remorquer 2270 kg. Ce n’est plus un authentique 4X4, mais une traction intégrale sophistiquée, plutôt faite pour la ville et le chalet, et permettant au conducteur de choisir le type de traction optimal selon les conditions routières (neige, boue, sable et route normale) et météo. Comme par le passé, il y a une version à deux roues motrices. Un système de contrôle des descentes permet de contrôler la vitesse dans les côtes à pic (même en marche arrière) sans freiner, lors des manœuvres délicates en conduite hors route.
Chez Ford, l’argument massue est le marché : on affirme que le marché potentiel annuel du véhicule est de 140 000 unités en Amérique du Nord ; or seulement 52 190 Explorer mouture traditionnelle ont trouvé preneurs l’an dernier. L’Explorer quatre cylindres 2011 consommera 30% de moins que le plus économique Explorer 2010 (la version V6 à deux roues motrices). Le nouveau V6 fera 20% mieux que l’ancien. L’Explorer 2011 sera assemblé à l’usine Ford de Chicago et devrait arriver chez les concessionnaires vers la fin de 2010. Le prix du modèle de base devrait être autour de 28 995 $ US.



