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Articles avec le tag ‘CO2’

La voiture, vache à lait des dirigeants politiques

A partir de 2015, les voitures de tourisme nouvellement immatriculées en Suisse ne seront plus autorisées à émettre plus de 130 grammes de CO2 par kilomètre. En cas de non-respect de cette prescription, une sanction sera prononcée. La politique du pollueur-payeur entre en scène, toutefois, uniquement pour les automobilistes. Comme d’habitude, les politiques s’en prennent à ceux qui sont les plus facilement taxables. Quand vous regardez la taille de la Suisse sur une planisphère, il va de soi que les émissions émises par les automobiles en Suisse nuisent de manière importante à la santé de la planète. Alors que le Canada abandonne le protocole de Kyoto pour «ne pas payer pour les autres», nos chambres suisses étranglent les professionnels de l’automobile. Mais qu’importe, la vertueuse Suisse se doit d’être à la pointe du combat écologique.

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147 g/km pour les véhicules utilitaires légers

Le Parlement européen a adopté en première lecture le compromis de l’Union européenne qui a relevé à 147 g de CO2/km l’objectif 2020 de réduction des émissions de CO2 des véhicules utilitaires.

Les députés ont en effet adopté un compromis proposé par les négociateurs de la Commission, du Parlement et du Conseil des ministres qui vise à concilier les besoins de réduction des émissions et les contraintes industrielles des constructeurs. Le texte initial prévoyait d’étaler sur la période 2014-2016 l’effort demandé aux constructeurs pour ramener la moyenne des émissions de CO2 des VUL à 175g/km pour l’ensemble des véhicules vendus sur le territoire européen, contre 203 g/km en 2007.

La proposition introduisait un second objectif pour 2020 de 135 g de CO2/km (contre 95 g de CO2/km pour les véhicules légers). Les négociations ont abouti à un compromis reportant à 2017 l’objectif de 175 g et relevant à 147 g l’objectif pour 2020.
En 2014, les constructeurs devront avoir réalisé 70% de l’objectif. Le compromis a également réduit le montant de l’amende pour ceux qui n’atteindraient pas leur objectif de 120€/g à 95 €/g.

Les constructeurs demandaient un objectif de 160 g pour 2020, la Commission souhaitait un objectif de 135 g, le compromis de 147 g est raisonnable au vue des coûts nécessaires pour y parvenir. Selon l’étude d’impact de la Commission, les efforts d’investissements nécessaires pour atteindre un objectif de 175 g de CO2/ km entraîneront un surcoût moyen estimé à 1 700 euros par véhicule.

Honda crée des produits abordables aux émissions de CO2 réduites

Lors de sa dernière conférence de fin de semestre, M. Takanobu Ito, CEO de Honda Motor Co., Ltd., a révélé l’orientation stratégique de l’entreprise pour les dix prochaines années. Il s’agit en premier lieu de répondre aux souhaits et aux attentes des clients et de créer encore plus rapidement des produits de prix abordable à basses émissions de CO2. M. Ito adopte un ton autocritique en déclarant que Honda devra être plus rapide et plus flexible, à l’avenir, afin de répondre de manière adéquate à une demande en constante hausse à l’échelon mondial.

Honda_President_et_CEO_M._Takanobu_Ito

Parmi les premières mesures prises, il annonce l’élargissement de la gamme de modèles hybrides vers le bas, le lancement d’un véhicule hybride rechargeable sur le réseau et le développement d’un petit moteur diesel destiné au marché européen. De plus, M. Ito annonce pour 2012 le lancement d’un véhicule électrique à batterie et d’une nouvelle génération de moteurs et de boîtes de vitesses innovants.

Baisse de la consommation et du CO2

En 2009, la consommation de carburant moyenne des voitures neuves immatriculées en Suisse est tombée à 6.86 l/100 km, soit une réduction de près de 4 pour cent (3,9%, respectivement 0,28 l). La réduction des émissions de CO2 est encore plus marquée : elles sont encore de 167 à la place des 175 g/km en 2008, soit une réduction de 4.6 pour cent.

Ces dernières années, l’efficacité des véhicules neufs s’est améliorée: la consommation par tonne de véhicule a reculé à 4,74 l/100 km en 2009 (4,85 l/100 km en 2008), soit plus de deux litres de moins qu’en 1996 (6,84 l/100 km).
Les efforts de l’industrie automobile pour introduire de nouvelles technologies efficaces portent leurs fruits.

Plusieurs causes pour atteindre ces effets. Tout d’abord le downsizing des moteurs. Ainsi la cylindrée moyenne a diminué de 72 cm3 pour se fixer à 1’836 cm3. Ensuite le poids des véhicules de tourisme a baissé de 25 kg pour s’établir à 1’448 kg. Puis le choix des consommateurs pour des véhicules à meilleure efficacité énergétique. Pour terminer l’installation sur certains modèles des systèmes Start&Stop.

Le Conseil fédéral est opposé à l’initiative anti-grosses cylindrées

En préconisant des valeurs limites sévères pour les émissions de CO2 des voitures de tourisme, le Conseil fédéral a formulé à la conférence de presse de ce matin un contre-projet indirect à l’initiative «anti-4×4» déposée par les Jeunes Verts. L’association des importateurs suisses d’automobiles Auto-Suisse et l’Union suisse des arts et métiers se réjouissent que le gouvernement de notre pays se prononce de sorte clairement contre cette initiative très hostile à l’économie et à l’automobile. Mais ils s’opposent résolument à une éventuelle intention de faire passer de la sorte sous forme d’un «pack» bien connu les valeurs limites définies dans le projet de révision partielle de la Loi sur le CO2 dans leur conception actuelle. Les deux associations se réfèrent notamment à la consultation récemment organisée et attirent expressément l’attention sur le fait que les prescriptions définies à cette occasion et les délais visés sont complètement utopiques et qu’on n’a peu ou pas pris en considération les arguments que notre branche a avancés.

La guerre contre les 4x4 n'aura pas lieu

En cas de non-respect des limites de CO2 prévues, les importateurs d’automobiles seraient sanctionnés de manière analogue à la réglementation en vigueur au sein de l’UE. Dès le quatrième gramme de CO2 en trop, une amende d’environ 150 francs par gramme et véhicule serait infligée. Auto-Suisse et l’Union suisse des arts et métiers attirent l’attention sur le fait que ces sanctions (que les importateurs ne manqueraient pas de répercuter sur les prix de vente) ne frapperaient pas uniquement les voitures à traction intégrale, mais aussi des véhicules compatibles avec les besoins d’une famille et les modèles indispensables pour les cantons de montagne. Il faudrait s’attendre en moyenne à une augmentation des prix des automobiles entre 5 et près de 10 %.

Pour la révision de la loi, on a omis de prendre en considération le fait que la Suisse constitue un cas particulier :

  • Pour des raisons de politique fiscale (prix élevé du diesel !), la part des véhicules diesel au parc automobile suisse est nettement plus faible que dans l’Union européenne (CH : 32,5%, UE : 53,6%). Cela maintient la consommation de flotte à un niveau inutilement élevé.
  • Pour des raisons climatiques et topographiques, la part des véhicules 4×4 est près de trois fois plus élevée (CH : 26%, UE : 9,4%) ; dans les cantons de montagne comme les Grisons ou Appenzell Rhodes-Extérieures, plus de la moitié des véhicules sont dotés de la traction intégrale. Les voitures 4×4 ont une consommation plus élevée que les véhicules à traction sur deux roues et cela déjà pour des raisons de poids (+100 kg environ).
  • Malheureusement, le projet de loi fait complètement abstraction du fait que la nouvelle valeur limite du CO2 de l’UE ne doit pas être atteinte par chaque pays membre, mais seulement par la flotte globale de l’UE. On procède donc à un calcul mixte : des pays comme le Portugal ou l’Italie avec des véhicules plus compacts aident à compenser les émissions de CO2 des pays aux voitures de plus grandes dimensions comme la Suède ou la Finlande. La Suisse qui se trouve isolée devrait toutefois atteindre la valeur cible de 130 g de CO2 pour 2015.

Conclusion : en cavalier seul, la Suisse se trouve dans l’impossibilité d’atteindre les objectifs d’émissions très ambitieux dans les mêmes délais que l’UE dans son ensemble ; pour les raisons exposées, le rythme de réduction préconisé est infaisable sur un plan purement technique. Les milieux politiques devraient toutefois renoncer à formuler des objectifs utopiques pour de simples raisons idéologiques. C’est pourquoi Auto-Suisse demande une prolongation appropriée des délais ; dans notre consultation, nous avons évoqué un délai de 5 ans.

Les importateurs suisses d’automobiles et l’Union suisse des arts et métiers approuvent entièrement l’objectif de réduire les émissions de CO2 des véhicules à moteur. Ils acceptent aussi que l’Etat édicte des prescriptions pour y parvenir. Mais les interventions étatiques doivent rester raisonnables, être équilibrées au niveau écologique et économique et surtout être réalisables dans les délais préconisés. Jusqu’à présent, ces conditions ont été plus ou moins remplies. Mais les deux associations vont se défendre rigoureusement si l’on prend maintenant prétexte de la protection du climat pour édicter des règlements et valeurs limites irréalistes.

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